La Chine vient d’exécuter un coup de maître dans sa conquête du monde. Avec son annonce de limitation d’exportation des terres rares, elle vient de jeter une décharge magnétique sur l’ensemble de l’économie mondiale, en particulier dans le domaine du High Tech sous toutes ses formes. Cette nouvelle si importante soit-elle, est passé sous silence en France, il est donc difficile d’imaginer qu’elles vont être les conséquences d’une telle décision asiatique ?
Les terres rares font partie d’une catégorie de métaux, les lanthanides, qui sont au nombre de 17 : le scandium, l’yttrium, le lanthane, le cérium, le praséodyme, le néodyme, le prométhéum, le samarium, l’europium, le gadolinium, le terbium, le dysprosium, l’holmium, l’erbium, le thulium, le ytterbium et le lutécium. Elles se trouvent dans l’écorce terrestre, en majorité dans une zone bien définis, la Mongolie intérieure. Mais quelle est donc leur utilisation ? Et bien pour résumer : les téléphones portables, ordinateurs portable, lecteur mp3, batterie de voitures électriques, aimant d’éolienne, lampes basse consommation, bientôt obligatoire et un éventail encore large de technologies modernes. C’est dire si la position que la Chine vient d’adopter est terriblement stratégique. Actuellement elle contrôle 96% de la production mondiale.
L’Earths Industry Devlopment Plan 2009-2015,
prévoirait, selon un membre du groupe australien
Arafura, d'interdire l'exportation du terbium, du dysprosium, de l'yttrium, du thulium et du lutécium. Les autres terres rares seraient soumises à un quota d'exportation de 35.000 tonnes par an. La demande restera considérable, car les 35.000 tonnes ne couvrent qu’une infime partie des besoins mondiaux.
Une telle décision va impacter a moyen et long terme sur le marché mondial, par une flambé des prix du secteur technologique. Mais le but premier de cette manœuvre n’est pas le contrôle du secteur High Tech, mais bel est bien une stratégie défensive chinoise, pour s’assurer la jouissance de ses propres réserve.
La Chine aurait l’ambition de devenir fournisseur officiel des pays du tiers monde en matière première, en l’occurrence les terres rares indispensable pour un développement digne de ce nom. Fidèle à sa réputation de leader technologique, elle compte bien développer son industrie de pointe à travers le globe et par conséquent va avoir un besoin plus qu’important de ses métaux rares et
précieux pour arriver à ses fins.
Il existe certes d'autres gisements de lanthanides dans le monde, entre autre la mine de Mountain Pass en Californie, mais une remise en fonctionnement va demander du temps et de l'argent. Clairement si cette mine n’est plus exploitée aujourd’hui, c’est pour des raisons simples. Elle ne peut concurrencer le monstre de production chinoise.
Cette décision chinoise marque un tournant radical dans les relations internationales, nous entrons dans ce que l’écrivain
John Michael Greer appelle « l'industrialisme de pénurie ». Actuellement la terre voit ses ressources diminuer à une vitesse croissante, les grandes forces du monde industriel vont se voir refusés l’accès aux ressources qu’ils utilisent et l’argent n’y changera strictement rien. En agissant de la sorte, la Chine s’offre une place de choix sur le plan politique, car elle dictera sa loi et distribuera a qui bon lui semble, créant ainsi un chamboulement, ou plus aucune logique de marché n’aura sa place. Le dragon chinois atteint son apothéose et le commun des marchés sera aux premiers rangs d’une révolution économique d’une ampleur mondiale.